Cerise étendit ses jambes et ferma les yeux. Le voyage l'avait épuisé et elle profitait des derniers rayons de soleil au bord de la piscine du camping Coração feliz .
Elle attendait ces vacances depuis des mois et n'arrivait pas à croire qu'elle y était enfin.
A 17 ans elle avait déjà visité l'Espagne, l'Italie, l'Ecosse, l'Angleterre, le Maroc et la Tunisie. Malgré ces nombreux voyages, elle en demandait toujours plus. Pour son anniversaire ses parents avaient promis de l'emmener au pays de son choix. Elle avait choisi le Portugal et ne regrettait pour rien au monde sa décision. Les habitants étaient adorables et les paysages magnifiques.
Cerise avait toujours été passionnée par les voyages, découvrir des cultures différentes, admirer les merveilles du monde, tel était son rêve.
Elle se leva de son transat, chaussa ses tongs et emprunta l'allée bordée de tentes et de caravanes.
Le chant des oiseaux la remplit de joie et elle se mit à courir, la tête en arrière, les cheveux aux vents. Elle était... heureuse.
Paf.
Elle rentra de plein fouet dans une grande masse sombre. Elle se rendit compte que c'était une tente et étouffa un juron. Elle tenta de s'éclipser avant que le propriétaire s'aperçoive qu'on avait démoli son campement.
-Eh toi, rugit une voix qui manifestement ne présageait rien de bon.
Elle se retourna prête à se rependre en excuses quand elle croisa le regard dur du garçon qui venait de l'interpeller.
Il était grand, blond presque beau mais son expression mauvaise ne plut pas à Cerise.
-Je suis désolée, dit elle d'une voix glaciale.
-Franchement tu ne regarde jamais devant toi ? répondit il agacé.
Il se baissa en soupirant pour remonter la tente.
-Et toi tu...
Elle s'interrompit en s'apercevant qu'une repartie ne servirait à rien, il avait l'air têtu comme une mule.
Elle fit demi-tour avec dignité. Elle refusait de se laisser marcher sur les pieds par un idiot.
Elle se souvint d'une phrase que lui répétait souvent son père : « Des imbéciles on en trouve partout... »
Et elle l'avait trouvé... Tant-pis pour lui.
Cerise allait vivre ses vacances pleinement, elle était libre enfin...